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La famille Bonnet

A l’occasion de la restauration du Christ du porche Nord de la Collégiale Notre-Dame par Aubert Gérard et de sa réinstallation en 2014, nous nous étions penchés sur le sculpteur qui a réalisé cette œuvre datée de 1804. Il s’agit de Jean-Louis Bonnet, artiste beaunois qui a laissé sa marque sur les édifices publics et dans les demeures des particuliers. Petite piqûre de rappel :

Jean-Louis Bonnet est le fils de Jean-Louis dit Antoine Bonnet, venu du Languedoc. Né à Alet (Languedoc) le 27 décembre 1718, Antoine Bonnet fait son tour de France, ce qui le conduit à se fixer à Beaune où il devient maitre menuisier. Sa présence est attestée dès 1742, lors de son mariage avec Mme Guillier. Veuf en 1745, il épouse Philiberte Monnet (Monnot ?). Ses premiers travaux répertoriés sont la restauration des sculptures de l’église Saint-Pierre de Beaune (aujourd’hui disparue) ainsi que des travaux à l’église de Volnay dont la confection d’une chaire.

Antoine meurt en 1790 et parmi ses quatre enfants, on retrouve Jean-Louis Bonnet, auteur du Christ de Notre-Dame. Né le 21 octobre 1754 à Beaune, il suit les traces de son père et devient à son tour maître menuisier. Il est sans conteste le plus connu de la famille. Il étudie à Paris pendant quatre ans et revient s’installer comme maitre menuisier dans sa ville natale où il épouse Louise Moissenet en 1782. Jean-Louis Bonnet, appelé aussi « Le Grand Bonnet », exécute des travaux de sculpture et d’ornement. Il travaille pour toute la bonne société beaunoise, aussi bien religieuse que laïque.

Bonnet est l’auteur des décors de la chapelle des Visitandines, de ceux des hôtels des familles Brunet de Monthélie, de Cissey, de Montille, de Juigné, de Charodon, de Richard d’Ivry, Gauvain, Chappeau (passage Sainte-Hélène actuelle).

A la Collégiale Notre-Dame, il est à l’origine du grand Christ du porche nord, qui servait auparavant de Christ sur la Croix de mission abattue en 1830. Le Christ, sauvé du désastre, est installé à Notre-Dame. Il a également réalisé la statue de Saint-Michel terrassant le dragon et des sculptures du chœur, ou encore de l’ange du pupitre de l’Évangile.

En ville, il est à l’origine du fronton de l’ancienne salle de la Comédie rue Spuller et du fronton de l’Hôtel de Ville, ravagé par un incendie en 1815.

Après le décès de son père en 1790, il fait installer une école de dessin dans une salle du Collège de Beaune. Il joue un rôle majeur dans l’organisation des fêtes républicaines et patriotiques.
En 1803, son école de dessin est ouverte tous les jours de 10h à 12h, sauf le jeudi et le dimanche. La ville décide de mettre gracieusement à sa disposition la salle qu’il loue depuis plusieurs années. Le sous-préfet autorise cet avantage et qualifie même l’école d’ « infiniment utile à la ville ».

Son fils, Louis Bonnet, né à Beaune le 2 avril 1785, exerce également le métier de sculpteur. A partir de 1806, Jean-Louis Bonnet se consacre davantage aux cours qu’ils donnent dans son école de dessin. Il travaille conjointement dans son atelier avec son fils Louis comme l’atteste un livre de compte datant de 1806 à 1824. Ils signent leurs œuvres et leurs documents « Bonnet père et fils ». De nombreuses œuvres sont sculptées, tel le fronton de l’Hôtel-de-Ville en 1818, la corbeille située au dessus de la maison Modret, place Carnot, un Saint-Nicolas en bois pour l’église de Meursault, une couronne royale en bois doré à l’or pour le vicaire Marret de Notre-Dame de Beaune. L’atelier Bonnet est le seul atelier de sculpture à Beaune durant cette période.
En 1826, suite à des tensions entre le père et le fils qui lui avait promis la moitié de son atelier et des cours de dessin, Louis Bonnet décide de donner ses propres cours. En 1830, il est nommé professeur de dessin de la Société d’Émulation Beaunoise. Il faut attendre 1836 pour qu’il prenne la succession de son père à l’école de dessin. En effet, ce dernier décide de lui céder le mobilier et les œuvres de la salle qu’il occupe au sein du Collège.

Jean-Louis Bonnet s’éteint à Beaune le 22 novembre 1840.

Louis poursuit son activité. L’école est considérée comme un véritable musée en raison de la multitude d’œuvres qu’elle contient. Il compte parmi ses élèves quelques artistes ou célébrités beaunoises comme Hippolyte Michaud, Alfred Vergnette de Lamotte et probablement le jeune Félix Ziem selon le biographe des Bonnet, Victor Advielle.

Lors de son décès le 10 février 1860, ses deux frères et sa sœur cèdent le mobilier de l’école à la Ville de Beaune. Eugène Nesle reprend alors la direction de l’école de dessin.

Les artistes Bonnet ont marqué la vie locale durant plus d’un siècle, laissant des traces de leur savoir-faire dans le paysage beaunois.

Sources :

  • Advielle Victor, Les sculpteurs Bonnet et l’école de dessin de Beaune de 1784 à 1892, Paris, 1893.
  • Moingeon-Perret Geneviève, « Les quatre Bonnet qui étaient cinq », Mémoires de la Société d’histoire et d’Archéologie de Beaune, T LVIII.

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