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Note biographique sur Auguste Dubois (3/5)

Activités associatives

L’activité publique d’Auguste Dubois ne s’interrompt pas pour autant. Il continue à organiser chaque hiver un cycle de conférences. Le plus souvent prononcées dans la salle des fêtes de l’hôtel-de-ville, elles sont parfois reprises dans différentes localités de l’arrondissement. Son don d’orateur tient peut-être à son goût pour le théâtre. Les pièces qu’il a composées témoignent par ailleurs de son intérêt pour l’histoire, avec le souci de maintenir les traditions bourguignonnes et d’entretenir le souvenir des grandes figures du passé local. La Petite Reine, représentée à Beaune à l’occasion du congrès Nicolas Rolin en 1932[1], et Dans l’oratoire de Dame Guigone, écrite en vue d’être représentée en 1943, à l’occasion du 3e centenaire de l’Hôtel-Dieu, rappellent la figure de Guigone de Salins, épouse de Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne Philippe le Bon, et fondatrice de l’Hôtel-Dieu. Monge, biographie scénique, et Sur la route, épisode de la jeunesse du peintre beaunois Ziem, évoquent un passé plus proche[2]. L’Aviateur, pièce en 2 actes, sera la seule à être publiée en 1919, sous le nom de plume de Claude Montdauphin[3].

À partir de 1908, Auguste Dubois anime le premier Comité Marey, destiné à commémorer l’œuvre du savant beaunois mort en 1904 par l’érection d’un monument place Saint-Martin. L’action du comité trouve sa consécration le 29 août 1913 avec l’inauguration par le ministre des Finances Charles Dumont d’une sculpture due à Henri Bouchard. En 1930, on retrouve Auguste Dubois à l’initiative d’un second comité Marey destiné à préparer, en liaison avec l’Institut Marey du Collège de France, la célébration du centenaire de la naissance du savant, sous le patronage du prix Nobel de médecine Charles Richet et avec la participation de Pierre Marraud, ministre de l’Instruction publique. En liens avec la descendance du savant (la famille Noël-Bouton, propriétaire du domaine de La Folie à Chagny), il s’agissait de rappeler l’importance du rôle de Marey dans l’invention du cinéma, trop souvent éclipsée par la renommée des industriels que furent à Lyon les frères Lumière.

Depuis 1891 membre de la société d’histoire et d’archéologie de Beaune[4], Auguste Dubois en devient le président en juillet 1920, succédant à Léon Chenot[5]. Il le reste jusqu’à sa mort, faisant équipe avec les futurs président de la société, Auguste Martin et Maurice Marion, sans oublier le fidèle Joseph Délissey[6]. À côté de l’action en faveur de la mémoire de Marey, on peut citer parmi les manifestations orchestrées par la société d’histoire les centenaires de l’École mutuelle et de la Société d’émulation (1930) et le 9e congrès de l’Association des Sociétés savantes bourguignonnes, consacré à Nicolas Rolin (juin 1932)[7]. La société œuvre aussi en faveur de l’érection de monuments commémoratifs : le buste du peintre Félix Ziem est inauguré en novembre 1931[8] ; la stèle du docteur Bouley avec le médaillon dû au sculpteur beaunois Edouard Fraisse (1880-1945) en 1934.

L’activité associative d’Auguste Dubois se manifeste aussi dans le domaine du tourisme. Il ne se contente pas d’organiser avec un groupe de Beaunois un voyage touristique à Berlin en 1912. Il préside la Société des excursionnistes beaunois, participe à la fondation d’un Syndicat d’initiative peu avant 1914 et préside la section beaunoise du Club Alpin.

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[1] Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Beaune, n° 42, 1933-1934, p. 179-197.

[2] Le manuscrit d’un projet de pièce historique est par ailleurs conservé aux Archives municipales de Beaune : La prise du Château de Beaune (50 Z 136).

[3] La pièce est imprimée chez René Bertrand à Beaune, à compte d’auteur. Auguste Dubois veille à en faire parvenir un exemplaire à la Bibliothèque nationale où il est encore aujourd’hui conservé. L’intérêt qu’Auguste Dubois a manifesté pour le théâtre l’a amené à entretenir des liens avec Jacques Copeau (1879-1949) qui a quitté la direction du Vieux Colombier pour s’installer en Bourgogne où il acquiert une maison à Pernand. Copeau participe avec ses « copiaus » aux diverses festivités beaunoises entre 1924 et 1929. Il joue plusieurs fois dans le salon d’Auguste Dubois, 4, boulevard Saint-Martin (aujourd’hui Foch).

[4] Il a été admis au cours de la séance du 6 août 1891, sur propositions de Charles Bigarne et de l’ancien avoué E. J. B. David.

[5] Auguste Dubois sera aussi admis à l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, comme membre non résident.

[6] C’est d’ailleurs pour ce dernier, qui a pu accéder à une fonction de secrétaire de mairie à Beaune, qu’Auguste Dubois rédige le 23 juillet 1940 son dernier écrit publié, une préface au Vieux Beaune (Imprimerie Beaunoise, 1941). Auguste Dubois la compose alors que l’exode l’a entraîné, avec sa fille, son gendre et ses petits-enfants, de Château-Thierry au Val-André, sur la falaise de Château-Tanguy.

[7] Mémoires de la Société d’archéologie de Beaune, 1931-1932, 1933, p. 40-175. Ce congrès a été présidé par Maurice Emmanuel et Edouard Estaunié.

[8] Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Beaune, n° 41, 1931-1932, p. 29 et 31.

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