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La vente du couvent des Visitandines à Jean-Baptiste Patriarche, 6 Fructidor an 4

Le document présenté ici date du 6 Fructidor an 4. En 1796, même si la Terreur est terminée, la France est en guerre et le Directoire, installé à la suite de la Convention nationale, a bien du mal à assurer une stabilité institutionnelle.

C’est dans ce contexte particulier qu’une famille, venue de Créancey et installée à Savigny depuis le milieu du XVIIIe siècle, s’implante à Beaune : la famille Patriarche.

Claude Patriarche, recteur d’école à Savigny débute le négoce du vin au cours de ce Siècle des Lumières propice au commerce. Son fils Jean-Baptiste poursuit son œuvre et fonde lui-même sa maison de négoce en 1780.

Alors que la Révolution aurait pu stopper leur ascension sociale, les Patriarche y voient au contraire une opportunité de développement : le commerce s’ouvre vers le nord – l’actuelle Belgique – que Jean-Baptiste connait bien puisque qu’il s’était fixé un temps à Amiens. La maison Patriarche, en plein essor, se trouve trop à l’étroit à Savigny et cherche des bâtiments vastes et prestigieux au cœur de Beaune, capitale des vins de Bourgogne, écrin naturel pour une maison de négoce de vins de Bourgogne dont la clientèle s’étend désormais de l’Angleterre à l’Allemagne et se compose en grande partie de l’aristocratie des différentes Cours d’Europe.

Jean-Baptiste Patriarche et son frère Jacques Elizabeth profitent de l’opportunité offerte par la vente des biens nationaux, des biens de l’Église, confisqués dès le début de la Révolution par le décret du 2 novembre 1789 afin de résoudre la crise financière qui secoue le Royaume.

A Beaune, les possessions ecclésiastiques sont foisonnantes, l’Église possède la moitié du foncier de la ville, en bâtiments, en vignes et en terres. L’ensemble des couvents et des terres leur appartenant est donc vendu. Un immense transfert de propriété débute permettant aux grandes maisons de négoce de s’implanter dans des bâtiments prestigieux.

Jean-Baptiste Patriarche choisit d’acquérir le couvent de la Visitation, situé au cœur de Beaune, rue du Collège. C’est par cet acte du 6 fructidor an 4 qu’il en devient propriétaire. Toutefois, dans les premiers temps, son implantation n’est pas totale car il doit partager les lieux

« aussi longtemps qu’il plaira à la République, et sans aucune indemnité,[avec] les magasins nationaux qui se trouvent dans ladite maison ».

Jean-Baptiste Patriarche doit également prendre à sa charge l’élargissement de la rue du Collège. Le montant de la vente atteint 4 957 francs et 20 centimes. Jean-Baptiste Patriarche devient propriétaire d’un immense ensemble immobilier comprenant les bâtiments conventuels (couvent et chapelle, superbement décorée par le sculpteur beaunois Bonnet) et leurs caves, fort utiles à son commerce. Il acquiert également des jardins qu’il louera ou revendra par la suite.

Fasciné par l’endroit, les frères Patriarche hésitent un temps sur la destination des lieux et sont tentés d’y implanter une manufacture de laine. Ils choisissent finalement le négoce de vins. Choix heureux qui vit l’essor d’une des plus prestigieuses maisons de Bourgogne !

 

Sources :

  • Archives municipales de Beaune, fonds Patriarche, plan du monastère de Sainte-Marie de Beaune, 20 floréal an 3 ; acte de vente du couvent des Visitandines à Jean-Baptiste Patriarche, négociant à Beaune 6 fructidor an 4.
  • Menault (Françoise), les Patriarche, 21 pages (recherches généalogiques).

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