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La Maladière

Période gallo-romaine

Le climat de la Maladière est situé le long de l’ancienne voie romaine qui reliait Autun à Besançon, à un croisement où l’on a découvert l’existence d’une station gallo-romaine, c’est-à-dire d’un petit ensemble de constructions destinées aux voyageurs. Cette implantation est attestée par la présence de nombreux vestiges issus des fouilles locales : débris de tuiles et de poteries, vases et objets en bronze, ossements d’animaux, etc. Des stèles gallo-romaines, des bas-reliefs et des inscriptions latines ont été découvertes sur le site, de même qu’un cercueil de plomb mis à jour en 1819 par un vigneron qui défrichait les abords de sa vigne.

Les historiens y voient la trace d’une station gallo-romaine particulièrement importante, ayant existé du 1er au IVe siècle après J.C., c’est-à-dire des débuts de l’occupation romaine aux premières vagues des grandes invasions. Ces stations comportaient habituellement un relais pour les chevaux, une auberge pour les voyageurs, quelques artisans. Celle de la Maladière s’étendait probablement sur le climat des Robines, de l’autre côté de la route de Dijon actuelle .

Moyen-âge et période moderne

Un hôpital pour lépreux ou maladrerie est édifié au début du XIIIe siècle à l’initiative du duc de Bourgogne Eudes III, qui en fonde alors beaucoup d’autres en Bourgogne pour faire face à l’épidémie de lèpre qui affecte tout le Duché. Cet hôpital est situé sur le bord de l’actuelle route de Dijon, à 1 km environ de la Porte St Nicolas, c’est-à-dire approximativement à l’emplacement de l’ancienne station gallo-romaine. De cette installation naît le nom du climat encore en usage : la Maladière (ou les Maladières).

Du XIIIe au XVIe siècle, cet hôpital reçoit de nombreuses donations de terres et de rentes sur Beaune et les villages alentour, ainsi que la seigneurie de Buisson. L’établissement s’étend alors des deux côtés de la route de Dijon et comporte un grand corps de logis, des maisons basses pour les malades, une chapelle, un cimetière et plusieurs granges.

Au XVIIe siècle, l’établissement reçoit encore des malades mais, la lèpre ayant disparu, il est réuni à l’hôtel-Dieu de Beaune, comme la léproserie de Meursault. Les bâtiments ne tardent pas à tomber en ruines et l’ensemble disparaît au début du XVIIIe siècle.

Période contemporaine

© archives municipales de Beaune

En 1894, un grand bâtiment d’allure néo-renaissance est édifié à proximité de l’ancienne maladrerie par l’abbé Biot pour agrandir l’Institution Notre-Dame, un pensionnat pour garçons. Celui-ci fonctionne jusqu’à la première Guerre Mondiale où il servira d’hôpital auxiliaire. Le bâtiment est ensuite acquis par la bijouterie Rolot et Lemasson et se dresse encore fièrement aujourd’hui, aux côtés des ateliers plus modernes.

La seconde moitié du XXe siècle apporte à la zone des Maladières de profondes transformations, marquées d’abord par l’importante emprise foncière de l’autoroute A6, inaugurée le 29 octobre 1970 par Georges Pompidou.

Le secteur nord de Beaune est alors l’objet de plusieurs projets d’aménagement, qui seront menés en parallèle :

  • En 1976, un projet d’aménagement de la Zone de Développement Économique de la Maladière est confié au SYMAB. Dans le secteur s’installent alors quelques entreprises comme Saunier.
  • Parallèlement se développent au nord de la Maladière la zone industrielle Beaune – Savigny et au sud les zones d’aménagement des Blanches Fleurs, des Chilènes et de l’Aérodrome avec l’installation de l’EREA (1974), du Collège Monge (1975) et du complexe sportif Bernard Giroux (structure bulle – 1989).
  • 1992 : premier projet de déplacement de l’enseigne Leclerc (la procédure durera jusqu’en 1998 avant d’aboutir)
  • 1999 – 2000 : création de la Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) des Maladières et coordination de l’implantation d’un parc d’entreprises. Dès lors, les travaux de transfert de l’enseigne Leclerc sont lancés et des entreprises nouvelles connaissent un bel essor, comme M. Bricolage qui ouvre le 4 décembre 2001. Leclerc inaugure ses nouveaux locaux le 6 juillet 2004.
  • Parallèlement, le conseil municipal statue sur la création de la ZAC des Cent Vignes sur le site de l’ancienne usine TPC.
Sources :
  • AMB 59Z12, MSHAB 1991 : article de M. Charlot
  • AMB 34Z 38 à 40
  • Recueil CBEH 1991 : article de G. Chevaillier
  • AMB et service Urbanisme de la Ville de Beaune

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