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Les archives du colonel François Tremeaux : reflet d’une existence bien remplie

Le 8 juillet 1907, Antoine Changarnier fait don à la Société d’histoire et d’Archéologie de Beaune des papiers du colonel Tremeaux. Ces documents sont aujourd’hui conservés aux Archives municipales. L’imposant monument funéraire de ce militaire beaunois est toujours visible au cimetière, rappelant son impressionnant parcours.

François Tremeaux est né le 3 juillet 1781 en Saône-et-Loire dans la commune de Sainte-Hélène (ça ne s’invente pas !). Il est le fils d’Antoine Tremeaux, tonnelier demeurant au hameau de Sermesse et d’Anne Louchet. Il a pour parrain François Patissier, maçon audit lieu et pour marraine Jeanne Garry, épouse de Nicolas Paiget, garde des bois de Messieurs de la Ferté.

Les documents conservés dans ce fonds reflètent avant tout sa carrière militaire extrêmement fournie qui lui valut un certain nombre d’honneurs et de décorations. Enfin, ses archives témoignent de son engagement maçonnique.

Ses états de service permettent de suivre en détail son parcours militaire. Il entre au service le 10 nivôse an 11 dans le 18e Régiment d’infanterie de ligne. C’est dans ce régiment qu’il arrive au camp de Boulogne[1].

François Tremeaux devient caporal le 4 vendémiaire an 13. Il passe grenadier le 26 pluviose an 13. Il appartient donc à la Grande armée napoléonienne, il fait notamment la campagne d’Allemagne entre l’an 14 et 1809. Durant ce laps de temps, il obtient le grade de sergent le 7 septembre 1807 et celui de sous-lieutenant le 28 juillet 1809 après avoir écumé les champs de bataille d’Austerlitz, d’Iéna, Eylau, Friedland ou Wagram.

Pendant ses campagnes, il est blessé à plusieurs reprises : le 11 frimaire an 14 à Austerlitz où un coup de feu lui traverse la jambe gauche, le 7 février 1807 à Eylau où il reçoit un coup de baïonnette, le 6 juillet 1809 à Wagram où il est atteint d’un coup de feu à l’épaule droite. Enfin, le 7 septembre 1812, à Mojaïsk, il est blessé par un coup de feu au côté droit.

Tremeaux

En 1811, François Tremeaux est lieutenant premier porte aigle puis adjudant major. Il est également décoré de la Légion d’honneur le 18 octobre 1812 : engagé dans la campagne de Russie, il participe à la bataille de la Moskowa, et « c’est le flanc déchiré par une balle et appuyé sur un bâton qu’il entre à Moscou à la tête de sa compagnie et qu’il reçoit de la main de son immortel Empereur l’étoile des braves et le brevet de capitaine, dans la cour du Kremlin dont l’incendie va bientôt éclairer nos désastres[2]. »

L’année se termine pourtant assez mal il est fait prisonnier de guerre le 18 novembre 1812 à Krasnoïarsk alors qu’il est à l’arrière-garde.

Après presque deux année de captivité, François Tremeaux rentre en France le 2 octobre 1814. Il passe au 4e Régiment d’Infanterie de ligne par ordre du Ministre de la Guerre le 1er avril 1815. Placé en non activité en 1815, I est appelé à la légion de la Sarthe le 18 novembre 1819 puis capitaine de grenadier à l’organisation du 37e de ligne le 25 décembre 1820. Il devient chef de bataillon le 13 septembre 1823.

François Tremeaux retourne sur les champs de bataille en participant aux campagnes des Pyrénées et d’Espagne entre 1822 et 1825. Le 20 août 1824, il est fait chevalier de Saint-Louis par Charles X puis chevalier de Saint Ferdinand d’Espagne le 18 novembre de la même année.

C’est ensuite la campagne d’Afrique en 1830 et 1831. En 1830, il intègre le 14e Régiment d’infanterie de ligne avec le grande de lieutenant-colonel et participe à la prise d’Alger, aux combats de Staoueli, Blida et Médéa

Après une carrière exceptionnelle, le lieutenant-colonel Tremeaux est « admis à la solde de congés » par décision ministérielle du 9 février 1833 et rayé des cadres le 28. Par ordonnance du 12 août 1834, le roi Louis-Philippe Ier lui accorde une pension de 2325 Fr.

Il reçoit la médaille de Sainte-Hélène dont on retrouve le diplôme signé du duc de Plaisance parmi ses archives.

Enfin, on note la présence, parmi ses documents d’un très beau diplôme maçonnique daté de 1822 qui marque son grade de maître et son appartenance à la loge Saint-Jean des Amis réunis de Périgueux, affiliée au Grand Orient.

Marié le 6 juillet 1819 avec Antoinette Bazerolle à Beaune, il est veuf l’année suivante le 9 novembre 1820. Il se remarie par la suite avec une demoiselle Gevrey.

François Tremeaux est décédé à Beaune le 6 mars 1863.

[1] Le camp de Boulogne est un camp militaire qui fut établi aux alentours de Boulogne-sur-Mer par Bonaparte en 1803 jusqu’en 1805. Il y assemble la « Grande Armée » ou armée des côtes de l’Océan, en vue d’un débarquement en Grande-Bretagne.

[2] Discours  prononcé sur la tombe du lieutenant-colonel Tremeaux par M. le Maire de la ville de Beaune le 8 mars 1863. Le maire est alors Albert Guiot

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