Parcours armoiries de Beaune

Petit historique des armoiries de la ville de Beaune

Il semblerait que les armoiries actuelles datent officiellement de 1698 mais on les retrouve sur des blasons dès 1540. La plus ancienne trace des premières armes serait contemporaine de la charte d’affranchissement de la Commune par Eudes III duc de Bourgogne et daterait donc de 1203[1]. Les armes représentaient alors un personnage féminin tenant une épée. Cette silhouette féminine est entourée de dix visages. Dans l’interprétation de ce sceau, on peut y voir la déesse guerrière Bellone dont on dit qu’elle a pu donner son nom à la ville, ainsi que les dix échevins qui étaient en poste à l’époque de la création de la commune au début du XIIIe siècle. C’est l’explication que donne Henri Bernard dans son article « Les armoiries de la ville de Beaune », extrait des Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Beaune publié en 1926[2]. En 1203, la ville de Beaune reçoit le statut de commune et peut donc se munir d’armoiries. En effet, les villes-communes sont les uniques villes ayant le privilège d’avoir leurs propres armes car cela marque la démonstration de leur autorité.

En 1540, sous François Ier, c’est durant la période des guerres de religion que nous allons apercevoir pour la première fois les armes actuelles de la ville[3]. En effet, cette dernière a alors pris le parti de l’Eglise. En incluant la Vierge et l’enfant, tous deux auréolés d’or, la ville a affirmé son soutien à l’Eglise catholique. Par ailleurs, les armoiries portent également le symbole du territoire beaunois avec la grappe de raisin. L’enfant Jésus porte un globe surmonté d’une croix dans la main gauche ; l’Eglise protège le monde et on peut y voir un lien avec la nouvelle devise. De plus, sur les documents de l’époque retrouvés dans les archives, la nouvelle devise apparaît. L’ancienne devise : « Causa notrae letitiae », littéralement « source de notre joie », faisait rire les vignerons qui se demandaient si la source de leur joie était le vin ou bien la Vierge. Sur demande et choix des puissants chanoines du chapitre de Notre-Dame, la devise devint : « Urbis et Orbi honos » qui signifie, Honneur de la Ville et du Monde.

A l’arrivée de Louis XIV à Beaune en 1698, une ordonnance change définitivement et officiellement le blason de la ville pour devenir celui qui fait encore foi. L’utilisation des armoiries a toutefois été suspendue pendant la période révolutionnaire. Elles sont à nouveau autorisées sous la Restauration. 

Les armoiries actuelles de la ville représentent la Vierge à l’Enfant. Celui-ci tient dans sa main un globe surmonté d’une croix tandis que la Vierge tient une grappe de raisin. Ces nouvelles armoiries seraient inspirées du sceau du Chapitre de Beaune dont on retrouve les traces aux portes de la basilique Notre-Dame de Beaune. En effet, selon l’Abbé Gandelot, historien beaunois, c’est en 1540 que la ville aurait emprunté la Vierge aux chanoines en remplaçant la fleur de lys d’or que cette dernière tenait[4]. Aujourd’hui, on n’en voit plus les traces, la main de la Vierge s’étant brisée avec le temps.


[1] Photo document D III $ 1 art 1 n°1, Armes de la ville, Archives municipales de Beaune

[2] Henri BERNARD, « Les armoiries de la ville de Beaune », Extrait des Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Beaune, Imprimerie beaunoise A. DUPIN, Beaune, 1926; Cote Archives municipales : B 5

[3] Photo document D III $ 1 art 1 n°1, Armes de la ville, Archives municipales de Beaune

[4] Abbé Gandelot, Histoire de la ville de Beaune et de ses antiquités , Livre XIIe, Louis-Nicolas Frantin (imprimeur du Roi), 1772, Dijon, Cote Archives municipales : B 29

Où sont-elles visibles ?

Afin d’en découvrir plus sur les armoiries de votre ville, nous vous proposons ce petit parcours. Vous pourrez ainsi repérer les armes de Beaune sur les bâtiments et monuments de la ville. N’hésitez pas à utiliser cette carte en cliquant sur les items afin d’avoir toutes les informations nécessaires. Et surtout, ouvrez bien les yeux, peut-être en trouverez-vous de nouvelles traces ?

Bonus

Inauguration de la locomotrice de Beaune.

La locomotrice a été inaugurée en novembre 1984. En ce temps là, il n’était pas rare de voir des locomotrices baptisées d’un nom de ville et décorées des armoiries de cette dernière. La locomotive présentée ici assurait la liaison Dijon-Paris.

 

 

Façade Est de la maison Patriarche (rue Gandelot)

Les armoiries de la ville sont encore perceptibles sur les grilles de la maison Patriarche (ancien couvent des Visitandines) lorsqu’on passe rue Gandelot. Bien que très effacées, on peut encore les distinguer. 

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