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Le record du monde de vitesse sur rail de 1954

Le 21 février 1954, Beaune a été témoin de l’arrivée de la locomotive CC – 7121 venant de pulvériser le record du monde de vitesse sur rail !

Ce record s’inscrit dans un contexte historique bien précis. A la fin des années 1940, la France sortait péniblement de la Seconde Guerre mondiale. Avec ses infrastructures en ruines, la priorité était de reconstruire.

Mais au début des années 1950, les secteurs de l’aéronautique et de l’automobile se sont considérablement développés. Un voyage entre Paris et Dijon prenait alors plus de temps par le train que par l’autoroute. Pour revenir sur le marché des transports, la SNCF a fait le pari de la vitesse, pensant que l’avenir allait se jouer avec des transports rapides.

Mais augmenter la vitesse des trains ne se fait pas en un jour. Il faut mener plusieurs études sur le matériel et son utilisation, pour être sûr de la fiabilité des trains. La SNCF s’est alors donné un objectif : faire en sorte que ces essais soient non seulement concluants, mais également qu’ils soient à l’origine de nouveaux records du monde de vitesse sur rail.

Le record du 21 février 1954

Des ingénieurs de la D.E.T.E. (Direction des Études de Traction Électrique) se sont penchés sur la question de la grande vitesse dans les années 1950. Dirigés par Marcel Garreau et Fernand Nouvion (chef de projet), ils ont alors mené des essais ayant pour but d’analyser le comportement du matériel et de la voie à plus de 200 km/h. Ils espéraient grâce à ces tests pouvoir trouver comment augmenter la vitesse des trains les plus rapides de l’époque à 150 km/h.

Les essais ont eu lieu entre le 17 et le 21 février 1954 sur la ligne Dijon — Beaune, car cette section avait une alimentation électrique plutôt convenable (grâce aux sous-stations présentes tous les 8 km). Cette ligne était bien adaptée à ce genre de tests du fait de son tracé rectiligne facilitant les hautes vitesses (supérieures à 200 km/h).

Le train d’essai était un train classique, juste un peu plus court que les autres, composé de trois voitures remorquées par une locomotive CC – 7121 construite par Alstom (à l’époque Alsthom).

Mercredi 17 février : les essais font monter le convoi à 160 km/h.

Jeudi 18 février : le record monte à 180 km/h.

Vendredi 19 février : un nouvel essai démarre, avec pour objectif d’atteindre les 200 km/h. Cette vitesse est effectivement atteinte, mais le compteur ne va pas au-delà, impossible de connaître avec précision la vitesse du train. Il faudra le changer pour l’essai suivant.

Dimanche 21 février : c’est un nouveau record du monde de vitesse sur rail obtenu par la SNCF, avec 243 km/h atteints à hauteur de Vougeot. Le convoi s’offre même le luxe de battre un avion piper-club qui avait tenté de le suivre sur le parcours, avant de renoncer lorsque le train a dépassé les 190 km/h !

La locomotive sera décorée du ruban bleu quelques jours plus tard, à Paris Gare de Lyon, par le Ministre des Travaux Publics.

Le Bien Public (22 février 1954)

 

Le record en images

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